Les chioukhs, notables et élus des provinces sahariennes condamnent l'enlèvement de Ould Sidi Mouloud

Smara- Les chioukhs, notables et élus des provinces sahariennes ont fermement condamné l'enlèvement de M. Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, appelant les organisations internationales de défense des droits de l'Homme à intervenir pour assurer sa libération et la levée du blocus imposé à sa famille et à tous les séquestrés dans les camps de Tindouf.

Ils ont exprimé, dans des déclarations à la MAP, en marge de la rencontre tenue vendredi au domicile du père de M. Ould Sidi Mouloud, leur solidarité totale avec Mustapha Salma dans ses positions courageuses exprimées devant les médias nationaux et internationaux pour afficher son soutien à l'initiative marocaine d'autonomie.

Ils ont imputé à l'Algérie la responsabilité d'assurer la sécurité de Ould Sidi Mouloud, dénonçant les persécutions et les violations des droits de l'Homme exercées par les autorités algériennes et le "polisario" à l'encontre des séquestrés des camps de Lahmada.

M. Abdellah Salhi, l'un des chioukhs de la tribu Aït Lahcen, a affirmé que cet acte d'enlèvement à l'instigation de l'Algérie constitue "un nouveau chapitre dans le registre des répressions méthodiques exercées à l'encontre des Sahraouis à Tindouf et dévoile les mensonges de la propagande de l'Algérie et du polisario quant à leur soutien de l'autodétermination des Sahraouis".

De son côté, M. Abdi Ould Slama Ould Nefaâ, l'un des chioukhs des Rguibate Ayachiya, a indiqué que "l'initiative de Ould Sidi Mouloud s'inscrit en droite avec les revendications que le polisario et l'Algérie eux-mêmes prétendent défendre, à savoir l'autodétermination", soulignant que "Mustapha Salma n'a commis aucun crime, si ce n'est d'avoir exprimé à haute voix son opinion et choisi le soutien de l'initiative marocaine d'autonomie, tout comme les autres Sahraouis unionistes".

Cheikh Hasna Idrissi a, quant à lui, dénoncé ce comportement inique qui, a-t-il dit, constitue "une flagrante violation des chartes internationales et une confiscation du droit des Sahraouis de Tindouf de s'exprimer librement".

"Mustapha Salma a exprimé ses convictions après avoir constaté de visu le développement urbanistique, économique et social, le climat de liberté et de démocratie dont jouissent ces provinces, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI", a-t-il dit.

Pour sa part, M. Mouloud Alouate, l'un des Chioukhs de la tribu Azerguyine et président du conseil provincial de Laâyoune, a affirmé que l'enlèvement de Ould Sidi Mouloud constitue "une atteinte à tous les membres des tribus sahraouies", ajoutant que "nous imputons à l'Algérie la responsabilité de l'intégrité physique de Mustapha Salma". "Le polisario, a-t-il argué, n'est qu'une marionnette entre les mains des services de renseignements algériens".

Cette rencontre, à laquelle ont pris part des dizaines de personnes représentants les chioukhs, les notables et les élus des provinces du Sud, a été par ailleurs l'occasion de dénoncer la décision des autorités algériennes et de leur rejeton le polisario d'interdire aux familles sahraouies de bénéficier du programme d'échange de visites familiales piloté par le Haut commissariat aux réfugiés, appelant les Nations unies et les organisations internationales de droits de l'Homme à intervenir pour lever le blocus imposé aux séquestrés dans les camps de Tindouf.

Les participants à cette rencontre ont réitéré, par la même occasion, leur attachement à l'initiative marocaine d'autonomie, en tant que solution démocratique juste au conflit artificiel autour du Sahara.

Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, qui avait annoncé début août, lors d'une conférence de presse à Smara, son intention de regagner les camps de Tindouf pour défendre la proposition marocaine d'autonomie, avait été enlevé, mardi dernier, par les milices du "polisario", à son arrivée au poste frontière menant aux camps de Tindouf, en provenance du territoire mauritanien avant d'être conduit vers une destination inconnue.

Ould Sidi Mouloud avait auparavant lancé un appel à l'opinion publique sahraouie et internationale dans lequel il avait exprimé sa détermination à défendre ses convictions en dépit de l'état de terreur que la direction du"polisario" impose dans les camps pour museler les consciences vives et les empêcher de clamer la vérité.

Il avait aussi exhorté les Nations unies et toutes les organisations internationales de défense des droits de l'Homme à le soutenir en vue de préserver son droit à la liberté d'expression et son intégrité physique.