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15 novembre 2009

Comité international de la Croix-Rouge

[headlines] Rapport du CICR met l'accent sur les déplacées

2009-11-12 14:00:46

Communiqué de presse - Comité international de la Croix-Rouge
12-11-2009

Genève (CICR) – Il faut faire davantage pour apporter assistance et protection aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays en raison d’un conflit armé, a affirmé le Comité international de la Croix-Rouge, qui présentait aujourd’hui un rapport spécial sur les déplacés internes.

À cette occasion, le CICR a attiré l’attention sur le fait que la plupart des personnes déplacées ne trouvent pas refuge dans des camps, mais sont prises en charge par des communautés ou des familles d’accueil.

Lors du lancement du rapport, le président du CICR, Jakob Kellenberger, a expliqué que le déplacement interne est l’une des conséquences humanitaires les plus graves des conflits armés et d’autres formes de violence. Il a précisé que les quelque 26 millions Nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays par un conflit ou par la violence en décembre 2008, selon une estimation du Centre de surveillance des déplacements internes. de personnes déplacées que l’on compte actuellement sur la planète connaissent des conditions d’existence extrêmement dures, exposées qu’elles sont aux attaques directes, aux mauvais traitements, à la violence sexuelle, ainsi qu’à la perte de leurs biens et de leurs moyens de subsistance ; sans compter que nombre d'entre elles sont forcées d’abandonner leur foyer en raison des violations du droit international humanitaire commises par les parties aux conflits.

« Quand on pense aux déplacés internes, on imagine automatiquement des tentes et des camps. Le rapport fait cependant ressortir que les énormes camps tels que celui de Gereida dans la région soudanaise du Darfour – qui abrite environ 148 000 personnes –, ne sont qu’une partie du problème », a expliqué M. Kellenberger.

« Parce que l’attention se concentre avant tout sur les camps, nous ignorons souvent ce que vivent la majorité des personnes déplacées, à savoir celles qui cherchent refuge auprès de communautés d’accueil. Le rapport révèle que ces personnes sont souvent les plus vulnérables, du fait qu’elles dépendent de l'assistance de communautés d’accueil qui, la plupart du temps, vivent elles-mêmes déjà dans le plus grand dénuement. Aussi le défi consiste-t-il à aider non seulement les déplacés, mais également ceux qui les prennent en charge. »

Monsieur Kellenberger a fait savoir que le CICR était favorable à l’établissement de camps, en tant que mesure provisoire, pour répondre aux besoins urgents. Il a toutefois précisé que l’expérience du CICR avait montré que les camps engendrent fréquemment de nouveaux problèmes, qui ajoutent encore aux vulnérabilités et aux risques auxquels sont exposées les personnes déplacées. Selon le président du CICR, les camps peuvent favoriser la dépendance et décourager les déplacés de rentrer chez eux lorsque les conditions le permettent. En outre, il n’est pas rare que des tensions surgissent entre les habitants des camps et les membres des communautés avoisinantes, qui ne bénéficient pas des mêmes services que ceux fournis dans les camps.

Le CICR estime qu'il est important d’aider les personnes déplacées à reprendre leur vie normale et à préserver leur indépendance et leurs moyens de subsistance. Or, elles auront plus de chances de retrouver des conditions de vie aussi proches que possible de celles qui étaient les leurs avant le déplacement, si elles sont accueillies dans des communautés.

« Le but de ce rapport est d'inciter les gouvernements et les parties aux conflits, d’une part, et les organisations humanitaires et les donateurs, d'autre part, à ne pas s’intéresser uniquement aux camps. Ils devraient prendre davantage en compte les besoins de la majorité des personnes déplacées et des communautés qui les accueillent en dehors des structures que sont les camps, a insisté M. Kellenberger. Nous appelons également à un respect accru du droit international humanitaire, car c’est un moyen de prévenir les déplacements de population et de renforcer la protection des personnes qui ont dû fuir de chez elles. »

Publiés dans un rapport intitulé Notre monde. Perspectives du terrain, les résultats d’un sondage d’opinion effectué par le CICR dans huit pays montrent que plus de la moitié des personnes directement touchées par un conflit armé ont été déplacées. L’enquête révèle aussi qu’être déplacé, séparé de ses proches et confronté à des difficultés économiques est le lot de la plupart des personnes interrogées, et que c’est aussi ce qu’elles redoutent le plus.

En 2008, quelque 3,77 millions de déplacés internes ont bénéficié des activités humanitaires déployées par le CICR – souvent en partenariat avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge – dans 36 pays, dont l’Afghanistan, la Colombie, la République démocratique du Congo, la Géorgie, le Pakistan, les Philippines et le Soudan. De janvier à mai 2009, le nombre des bénéficiaires a été de 1,4 million. Le CICR aide les personnes déplacées en leur procurant des vivres et des articles de première nécessité, et en mettant en place des programmes d’assistance agricole et de préservation des moyens de subsistance, ainsi que des services d’urgence dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et des soins de santé.

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