Le projet d'autonomie, une initiative porteuse d'espoir (expert)

Londres, 23 Jan -(MAP)- Le projet d'autonomie présenté par le Maroc
pour le règlement de la question du Sahara est une "initiative
porteuse d'espoir" qui procède de "l'engagement réel" du Maroc en
faveur d'une solution politique définitive d'un conflit qui mine,
depuis trop longtemps, la stabilité politique et géostratégique ainsi
que l'unité du Maghreb et du continent africain, a indiqué M. Bakary
Sambe, expert en politique internationale et relations
arabo-africaines.

M. Sambe, qui est également chercheur à l'Institut des études sur les
civilisations musulmanes à Londres, a relevé, dans une analyse, qu'en
proposant ce projet d'autonomie, salué par les grandes puissances, le
Maroc "vient de poser un acte fort qui illustre son intérêt
incontestable pour les solutions politiques des conflits en Afrique".

Il rappelle que le projet représente une réponse favorable que le
Maroc apporte à l'appel du Conseil de Sécurité depuis 2004 à
"continuer de coopérer pleinement avec l'ONU pour mettre fin à
l'impasse actuelle et progresser vers une solution politique".

Le Maroc s'est ainsi inscrit dans une dynamique positive et
constructive en prenant l'engagement de mettre en place un statut
d'autonomie de la région du Sahara, indique le chercheur, ajoutant que
le Royaume "essaye, ainsi, de redonner à cette région toute sa place
et une plus grande responsabilité dans le processus de construction du
pays sur les plans économique, social et politique sans discrimination
ni exclusive".

Il s'agit, a-t-il ajouté, d'une initiative visant à créer les
conditions d'un processus de dialogue et de négociation qui devrait
déboucher sur une solution politique et pacifique qui soit acceptée
par toutes les parties.

"Dans cette initiative, Rabat a clairement montré qu'il n'excluait
aucune partie, le plus important étant de résoudre un conflit qui
entrave la construction du grand Maghreb devant répondre aux grands
défis de la mondialisation", note M. Sambe, soulignant que l'écriture
d'une nouvelle page de l'histoire de la région qui incombe à tout le
Maghreb devrait, d'après les différents aspects du projet, passer par
une manifestation de bonne volonté de toutes les parties en saisissant
cette occasion.

"Dans ce sens, les autorités marocaines semblent s'engager dans une
négociation sérieuse et constructive dans l'objectif de créer un
nouveau climat de confiance", ajoute le chercheur, précisant que le
projet exprime clairement la disposition du Maroc à coopérer avec le
Secrétaire Général de l'ONU et son envoyé Spécial.

Le chercheur explique que "dans l'élaboration du projet, l'accent a
été mis sur la mise en place d'organes servant de véritables outils de
développement autogéré d'une région aux réelles potentialités et aux
ressources humaines de grande valeur".

"S'inscrivant dans une logique qui ne veut s'enfermer ni dans la
discrimination ni dans l'exclusive, le projet est guidé par un esprit
d'ouverture mais veille aussi à une transparence dans la gestion de
l'autonomie", souligne l'expert, relevant que le projet d'autonomie
veille à une meilleure implication de cette région dans les affaires
d'intérêt national garantissant une large participation au processus
de développement économique et social du pays.

Il note, par ailleurs, que "les déclarations faites par l'Envoyé
Spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara, sous
entendant l'implication de pays étrangers, notamment l'Algérie, ont
permis de mieux saisir le caractère géostratégique du conflit qui
entrave, très souvent, l'avancée vers une solution négociée et
mutuellement entérinée".
"Si l'initiative marocaine vise à rechercher une solution politique et
une issue heureuse, il faut souligner aussi que les négociations ne
peuvent être complètes et utiles sans une participation de toutes les
parties", ajoute le chercheur, appelant ces mêmes parties à être
animées d'une volonté politique similaire à celle du Maroc.

Le chercheur souligne, d'autre part, que "cette nouvelle ère inaugurée
par l'élaboration d'un projet nourri de l'esprit de conciliation et
par une diplomatie toujours activement engagée dans la recherche de
solutions politiques offre une rare opportunité à toutes les parties
conscientes de la nécessité de paix et de stabilité au Maghreb et en
Afrique".

"Cette contribution active à la mise en place d'un climat de
confiance, si elle est appréciée à sa juste valeur par les autres
parties, pourrait être un gage de succès du projet", ajoute le
chercheur.

"Le travail d'explication (du projet) est aujourd'hui plus que
nécessaire au regard de l'enjeu que représente la résolution du
conflit pour le retour si souhaitable du Maroc dans la famille
africaine ainsi que sa meilleure affirmation sur la scène
internationale", explique-t-il.

Revenant sur les échos favorables suscités à l'échelle internationale
par l'initiative marocaine, M. Sambe rappelle notamment la position de
l'ancien Envoyé personnel du Secrétaire général de l'Onu, M. Peter Van
Walsum, qui a qualifié l'indépendance du Sahara d'"irréaliste" ou
encore celles de pays arabes, des Etats-Unis et de la France en faveur
de l'intégrité territoriale du Maroc.

Ces positions "sont des éléments de plus venus conforter cette
initiative qui a eu un écho favorable aussi bien en Europe qu'en
Afrique, région longtemps divisée par ce conflit de plus de trente
ans", ajoute-t-il, soulignant que des intellectuels africains de tous
bords, soucieux de la réussite du processus engagé, sont aussi
impliqués dans ce travail de persuasion.

"Au regard de la place du Maroc en Afrique, la résolution du conflit
permettrait son retour dans la grande famille africaine qui lui
permettrait de jouer son rôle moteur aussi bien économique qu'en
termes de leadership", indique le chercheur, soulignant que "le Maroc,
qui se distingue de ses voisins maghrébins par une forte implication
africaine, dispose d'un atout de leadership inégalable en Afrique par
rapport à ses voisins".

Il rappelle notamment, dans ce sens, la participation active du Maroc
au processus de construction de l'unité africaine, notamment dans le
cadre du groupe dit de Casablanca.