"Une volonté plus forte que les sables", nouvel ouvrage sur l'expérience du développement durable des provinces du sud

Rabat, 16/05/08- L'économiste Henri-Louis Védie, professeur au groupe HEC (Hautes études commerciales) de Paris vient de publier aux éditions Eska (France), un ouvrage intitulé "une volonté plus forte que les sables: l'expérience du développement durable des régions sud-marocaines", dans lequel il décrit, dans une démarche originale, le "challenge audacieux" de la longue marche qui a conduit au développement durable des provinces du sud, "un véritable défi dans cette aire semi-désertique".

L'ouvrage a été présenté jeudi soir à Casablanca en présence de plusieurs personnalités notamment du monde de la politique et de la culture.

C'est à la faveur d'une visite dans les provinces du sud, il y a quelques années, que l'auteur, docteur d'Etat en Sciences économiques, a éprouvé à la fois un "choc", celui de la découverte d'une ville nouvelle (Laâyoune) en plein désert, et pas une petite ville puisqu'elle comptait déjà plus de 180.000 habitants, et une "prise de conscience", celle d'une "coupable ignorance" car, écrit-il dans son avant-propos : "j'ignorais tout de Laayoune".

Aujourd'hui, "Laayoune fait partie des villes importantes du royaume et entretient des relations privilégiées avec les Canaries et la Mauritanie".

Il a donc "fallu tout construire, tout inventer pour vaincre les difficultés environnementales propres aux provinces (chaleur, vent et désert) où les ressources immédiatement exploitables sont rares", précise l'universitaire.

"Au moment où le Maroc présente à l'ONU son plan d'autonomie interne pour les provinces du Sud, il nous a paru plus que jamais utile et opportun de faire connaître l'effort sans précédent, constant depuis 30 ans, déployé par les autorités marocaines pour mettre en valeur ces territoires (à) et les résultats sont là, et bien là", écrit en introduction Henri-Louis Védie.

"Après la marche verte, c'est donc la longue marche" vers le développement durable à laquelle "nous convie avec beaucoup d'objectivité et d'originalité Henri Louis Védie", écrit en préface Pascal Chaigneau, professeur des universités et administrateur général du Centre d'Etudes diplomatiques et Stratégiques, pour qui "l'originalité de la démarche" de Henri-Louis Védie consiste à "dépasser, sans le nier, l'approche politique habituelle pour privilégier celle du développement économique des territoires".

Pour Pascal Chaigneau, la stratégie économique adoptée dans la logique du développement durable (des provinces du sud, NDLR) est un "cas d'étude pour les développementalistes".

Henri-Louis Védie est un des "rares économistes du développement à pouvoir se prévaloir d'une double légitimité micro et macro économiques. Auteur prolixe et reconnu de manuels et d'ouvrages de référence, il n'a cessé de parcourir le monde pour en dégager les lignes de force. Après avoir découvert ce Sud marocain, il s'est pris de passion pour cette région et nous livre ici, son travail le plus original", témoigne Pascal Chaigneau.

De fait, Henri-Louis Védie analyse l'organisation administrative des trois régions et étudie leurs potentialités économiques et explique comment l'administration marocaine a su, dans des conditions difficiles et un environnement naturel souvent hostile, sédentariser les populations en résolvant deux problèmes majeurs: la mise à disposition d'eau potable et de l'énergie électrique, pour tous et toutes en quantités suffisantes sur l'ensemble des territoires, ajoute-t-il.

Un autre défi qu'il fallait relever dans "cette aire semi-désertique, le réseau routier, quel qu'en soit le coût (désensablement, vent, etc) a été doublé par un maillage portuaire d'exception. Mieux, de l'urbanisation à l'aménagement du territoire, le Sahara (à) est devenu une référence, quant à l'exploitation optimale des ressources".

De Laayoune-Boujdour-Sakia Hamra, à Guelmim-Smara en passant par Oued-Eddahab-Lagouira, l'auteur dresse une analyse minutieuse de la situation économique de ces trois régions qui s'installent dans une logique de développement durable. Il en veut pour preuve l'effort financier consenti par les autorités marocaines afin de doter les provinces du sud de moyens et d'infrastructures de communication diversifiés et performants, selon une approche très complète et très large de la communication puisque cela va des autoroutes de l'information (télécommunications), au maillage aérospatial des territoires pour conclure par une double approche, plus habituelle, celle du maillage routier des territoires et celle de leur maillage portuaire.

"Les activités maritimes, au sens large, relayées par des activités touristiques, au potentiel intact, (à) laissent espérer des opportunités d'emploi à venir, très significatives. La Transsaharienne, de Tanger à Yaoundé, est désormais une réalité. Elle permet via Madrid, via Paris, via Amsterdam de mettre fin à l'isolement historique de l'Afrique. Au coeur même du continent, on peut aller au Caire, via Tripoli, via Tunis, via Alger, jusqu'à Lagos, et ce par voie terrestre. Ce qui ne peut que contribuer à développer les échanges culturels et commerciaux entre les différents pays traversés, qu'ils soient européens ou africains", note l'auteur en épilogue.

A travers ce livre, le lecteur découvre le challenge que les autorités marocaines ont relevé. "Si on veut bien se rappeler que ces territoires étaient essentiellement désertiques, avec une démographie totalement déséquilibrée - population jeune et inégalement répartie sur l'ensemble des provinces - on appréciera davantage encore les difficultés du challenge", car pour l'auteur, il est incontestable que "la volonté a été plus forte que les sables et le vent des provinces".