L'autonomie est la solution réaliste et rationnelle de la question du Sahara (journal qatari)

Doha, 26/03/08- "L'autonomie est la solution réaliste et rationnelle de la question du Sahara marocain car elle est la plus pratique, en raison de l'inapplicabilité de l'autodétermination", a affirmé le rédacteur en chef du journal qatari "Al-Watan", M. Ahmed Ali.

Commentant une lettre de l'ambassadeur de l'Algérie à Doha, publiée mercredi par le journal, au lendemain de plusieurs entretiens réalisés par Al-Watan avec des responsable marocains, M. Ali a expliqué que cette impossibilité découle "de la complexité de la question du Sahara et de l'absence d'un mécanisme permettant de recenser les habitants sahraouis".

"Qui a le droit à l'autodétermination, est-ce le Sahraoui marocain qui est attaché à son territoire et à son unité territoriale, ou est-ce l'Algérien, le Mauritanien ou le Sahraoui venant du Mali ?", s'est interrogé le rédacteur en chef du journal qatari, soulevant également la difficulté de déterminer ceux qui peuvent participer au référendum "imaginaire".

Il a, à ce sujet, souligné que l'expérience de "la séparation du Timor-Oriental de l'Etat indonésien (...) est une affaire interne qui a fait l'objet d'un consensus entre les deux parties".

M. Ahmed Ali s'est interrogé si l'ambassadeur algérien s'enthousiasmerait à défendre l'application de l'autodétermination en Tchétchénie par exemple, s'il soutient ce droit pour les kurdes d'Irak, de la Syrie ou de la Turquie, ce qui est de nature, a-t-il dit, à menacer la stabilité, la sécurité et l'unité de ces pays".

"Pour toutes ces raisons, je ne crois pas que l'ambassadeur de l'Algérie à Doha appuie le principe d'autodétermination (...) dans les régions +Touaregs+ ou en "Kabylie" à majorité amazighe, en prélude à leur séparation de l'Etat central", a-t-il ajouté.

M. Ali a rappelé que son journal avait publié des entretiens avec des responsables algériens et avec "le citoyen marocain Mohamed Abdelaziz, +président+ de la prétendue république sahraouie qui n'existe que dans l'imaginaire de ceux qui en font la promotion".

Il s'est dit disposé à visiter l'Algérie dans les plus brefs délais pour rencontrer des responsables algériens et "prouver la neutralité" de sa publication, à condition, a-t-il précisé, de pouvoir s'entretenir avec le Premier ministre algérien "comme ce fut le cas lors de notre visite au Maroc au cours de laquelle nous avons été reçus par son Premier ministre, dans l'art et les traditions de l'hospitalité marocaine".

Et d'ajouter que le Premier ministre marocain leur a ouvert les portes de son bureau pour s'entretenir, en toute franchise et transparence, de toutes les questions d'ordre interne ou externe, sans pour autant ressentir une quelconque gène.

Le journal "Al Watan" avait publié récemment des entretiens réalisés au Maroc avec le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, le ministre de la Communication, porte parole du Gouvernement et le président du Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes.