L'IDC déplore la privation de milliers de séquestrés des camps de Tindouf de liberté d'expression

Genève, 12/03/08 - L'Internationale Démocratique Centre (IDC) a déploré que des milliers de personnes séquestrées depuis des décennies dans les camps de Tindouf, en territoire algérien, sont privées du droit à la liberté d'expression alors que leurs geôliers, les dirigeants du "polisario", en l'occurrence, ne font l'objet ni de poursuite ni de condamnation.

Intervenant mercredi devant le Conseil des droits de l'homme, réuni à Genève, le représentant de l'IDC, M. Semlali Aabadila a indiqué que ces milliers d'hommes et de femmes vivent une situation intenable, privés de la liberté d'exprimer librement un choix, une opinion en dehors de ceux propagés par la direction du "polisario". Autrement, ils s'exposent à la disparition, la détention ou à la liquidation physique sans la moindre forme de procès.

L'intervenant a cité des exemples de cette atteinte flagrante à l'un des droits fondamentaux de la Déclaration Universelle des droits de l'homme au moment même où la Communauté internationale célèbre le 60ème anniversaire de ce texte majeur pour les libertés.

Il s'agit, entre autres cas, de Abdelaziz Haidallah ex-speaker de la radio propagandiste du "polisario", arbitrairement détenu et sauvagement torturé à mort pour avoir osé exprimer une opinion différente, Mohamed Moussa, ex-membre du "polisario", porté disparu depuis 1982 dans le tristement célèbre "centre Rabouni". Son seul crime est d'avoir eu l'idée de créer un journal dans les camps de Tindouf destiné à la jeunesse. Sa dernière apparition remonte au 12 juin 1982. Il avait été embarqué par un haut dirigeant du "polisario" devant l'entrée de ce même centre, a précisé M. Aabadila.

D'autres personnes sont persécutées pour avoir tout simplement exprimé une opinion favorable au projet d'autonomie, initiative du Maroc visant à mettre fin au conflit artificiel autour du Sahara marocain, a-t-il encore indiqué.

Récemment, privés du droit à la participation et à l'expression lors du rassemblement du "polisario" à Tifariti, plus d'une centaine de sahraouis ont décidé d'organiser un congrès parallèle à celui des séparatistes pour attirer l'attention de l'opinion publique internationale sur les violations multiformes du droit à la libre expression et d'opinion à Tindouf, affirme l'IDC par la voix de son représentant.

Ces congressistes ont regagné le Maroc où ils ont retrouvé non seulement leurs familles desquels ils avaient été séparés depuis plus de trente années, mais également l'usage d'un droit cher à toute personnes éprise de démocratie, de paix et de liberté et que le Conseil oeuvre pour sauvegarder, celui de la libre expression, souligne l'organisation.