Une délégation du CSCSME saisit le CICR sur la situation alarmante des populations séquestrées à Tindouf

Genève 18/01/08- La situation alarmante des populations séquestrées dans les camps de Tindouf, dans le sud de l'Algérie, a été au centre des entretiens d'une délégation du Comité Spécial Chargé du Sahara Marocain en Europe (CSCSME) avec MM. Jean-Louis Jacob, Chef du Secteur Moyen Orient, Division de l'Agence Centrale, des Recherches et des Activités de Protection du Comité International de la Croix Rouge (CICR) et Luc Haas, Chef-adjoint des opérations au Moyen-Orient et en Afrique du Nord au CICR.

Au cours de cette rencontre, tenue vendredi au siège de l'institution humanitaire à Genève, le Président du CSCSME, M. Hassan Benhamou a dénoncé au nom des associations membres du Comité, les conditions inhumaines des familles retenues contre leur gré dans les camps de Tindouf, ainsi que la poursuite de l'envoi forcé des enfants à Cuba en violation flagrante du Droit humanitaire international.

Il a également évoqué l'impossibilité pour les organisations des droits humains d'entrer en contact avec les populations séquestrées à cause du blocus imposé par le polisario et les autorités algériennes, rappelant, à cet égard, qu'à ce jour, aucun recensement fiable conforme aux conventions internationales n'a pu être effectué dans les camps de Tindouf, à cause du refus systématique de l'Algérie et ce, en dépit des demandes incessantes de la Communauté internationale, du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et du Programme Alimentaire Mondial (PAM).

La délégation a tenu le pouvoir algérien pour responsable des violations graves des droits de l'homme dans les camps de Tindouf, du fait qu'elles sont commises sur son territoire. Elle a, en outre, fait valoir que les séparatistes ne jouissent d'aucune représentativité des populations sahraouies.

M. Benhamou a, à ce propos, rappelé que seulement 5 pc des sahraouis se trouvent dans les camps de la honte. La majorité de ces populations vit dans sa patrie, le Maroc, a-t-il affirmé, soulignant que la proposition marocaine d'autonomie des provinces du sud, qui jouit de l'approbation de la Communauté internationale qui l'a jugée à travers les résolutions de l'ONU sérieuse et crédible, offre une opportunité historique pour mettre fin au calvaire des séquestrés de Tindouf.

Les membres de la délégation ont exhorté les responsables du CICR d'intervenir d'urgence pour s'enquérir de la situation de ces populations, qui vivent dans l'isolement coupées du monde depuis des décennies, et de les assister.

MM. Hass et Jacob, qui ont écouté attentivement leurs interlocuteurs et témoigné un grand intérêt à la situation des populations séquestrées à Tindouf, à travers des éclairages qu'ils demandaient à la délégation, se sont félicités de cette rencontre. Ils ont indiqué qu'ils feront un rapport qui sera transmis au siège du CICR pour le Moyen Orient et l'Afrique du Nord, basé à Tunis, pour prendre les mesures adéquates.

Les deux parties ont convenu de maintenir les contacts pour fixer la date d'une autre rencontre qui aura lieu au siège du CICR à Genève.