Mr le Président, votre Université Paris X Nanterre va accueillir un débat sur le Sahara marocain. Cette initiative est en soi louable car quoi de plus normal qu’une Université de l’envergure de Paris X, fière de son histoire de luttes pour les valeurs humanistes, pour les libertés et de son apport à la communauté scientifique en matière d’enseignement et de recherche, organise de tels débats.

Or, Monsieur le Président, les personnes qui sont derrière cette initiative et qui animeront ce débat ne s’inscrivent véritablement ni dans l’esprit de cette histoire de lutte pour les libertés ni dans cette quête de promotion des idées novatrices qui donnent à votre Université toute sa force.
Leur crédibilité est en effet contestable, leur représentativité est inexistante, leur désir de paix n’est que formel. Par conséquent, nous sommes en droit de nous demander comment un tel groupuscule qui souffre de tant de maux peut se prévaloir de l’indulgence de votre Université ou convaincre l’assistance de sa « légitimité » et sa capacité à défendre la cause des sahraouis marocains.

Comment est ce possible ? Ces personnes ont choisi de venir parler au sein de votre Université des droits humains alors qu’ils forment un groupuscule responsable et coupable des atteintes les plus criantes en la matière.
Ils prétendent défendre les droits du « peuple sahraoui opprimé» alors qu’ils commettent tous les jours et depuis des années les pires exactions et atrocités contre les populations marocaines retenues contre leur gré dans les camps de Tindouf et d’ailleurs.
Mais, le crime le plus odieux et l’atteinte la plus intolérable aux droits humains dont ils sont les premiers responsables sont ceux qui affectent directement, dans leur intégré physique et mentale, les enfants sahraouis retenus dans les camps qu’ils contrôlent. Le sort réservé à ces enfants a interpellé et ému plus d’un observateur international.
L'eurodéputé finlandaise Eija-Riitta Korhola avait saisi la Commission sur le cas de ces enfants, qui sont, précise –t-elle, "envoyés contre le souhait de leur famille (et qui) servent de moyen de coercition afin de retenir leurs parents en Algérie dans les camps de Tindouf tenus par le Polisario, ce qui est dénier leurs droits fondamentaux à déterminer eux-mêmes leur avenir personnel". Tout est dit dans ce témoignage à propos d’une pratique honteuse érigée par le « Polisario » en stratégie d’humiliation et d’intimidation des parents.

Ce témoignage n’est pas isolé, Monsieur le Président; il est confirmé par de nombreuses sources européennes, américaines, africaines qui relatent avec émotion le sort des enfants sahraouis déportés à Cuba.
Mme Marie-Françoise Mirot, présidente du groupe « petite fille» à l’UNESCO, a rédigé un rapport sur ce sujet qui parle de « conditions catastrophiques et de traitement inhumain ». Mme Francine Henrich, ancienne ambassadrice de la Communauté européenne et représentante permanente de l’Alliance internationale des femmes (AIS) auprès de l’UNESCO, corrobore ce témoignage sur les conditions de vie dans les Camps de Tindouf et surtout dans ces établissements spéciaux et ces baraquements spécifiques installés à « l’île de la Jeunesse» à Cuba où s’entassent durant de longues années, de jeunes marocains, garçons et filles, arrachés dès l’âge de 7/8 ans à leur terre et à leurs familles. Cette question a été évoquée au sein d’instances internationales indépendantes et même lors des sessions annuelles de la commission des droits de l'homme de l'Organisation des Nations Unies.

Oui, Monsieur le Président, la question de la séquestration des enfants sahraouis à Tindouf et leur déportation à Cuba par le « Polisario » est une réalité incontestable et un drame humain incomparable qui ne seront pas évoqués lors du débat qu’accueille votre Université ce Samedi 24 novembre.
Ces mêmes personnes, déguisées en militants de la paix et des droits humains, qui viendront à Nanterre dénoncer sous le toit de votre Université le sort réservé au « peuple sahraouis » par le Maroc vous trompent et trompent vos étudiants. Car en réalité, se sont des irresponsables des va-t-en guerre qui se donnent à un trafic d’organes humains juteux doublé d’un trafic très lucratif de détournement de l’aide humanitaire au profit de leurs dirigeants confortablement installés dans un pays voisin.

Ils se vantent de militer pour le principe de « l’autodétermination des peuples » cher aux « vrais »révolutionnaires, ceux qui défendaient les causes justes et légitimes de peuples colonisés et de pays exploités par l’impérialisme, alors qu’ils sont à la tête d’un trafic d’armes qui sévit à une grande échelle et qui alimente des groupes terroristes qui menacent la paix et la stabilité de toute la région…
Pour toutes ces raisons et tant d’autres, Mr le Président, nous sommes dépités car nous ne comprenons pas comment ces gens ont réussi à tromper votre vigilance. Nous sommes également inquiets de voir de telles personnes venir clamer des contre vérités, proférer des anathèmes contre le Maroc dans les couloirs et les amphis de l’Université de Nanterre, où j’ai personnellement, il y a de cela des années, appris à séparer le grain de l’ivraie et surtout à ne pas mettre dans la même barque le loup et l’agneau.

Restons donc vigilants, Monsieur le Président, car pendant que les loups pavoisent dans les amphis de votre Université des innocents, en majorité des enfants croupissent dans les établissements spécialisés cubains ou sous les tentes des camps de Tindouf.
Ce sentiment de malaise et d’indignation suscité par la présence de séparatistes au sein de votre Université est ressenti par des milliers de personnes originaires des provinces du Sud, des sahraouis de pure souche, citoyens respectueux des lois de la Républiques, habitants de Nanterre ou des communes voisines, qui ont choisi la voie de la raison, le chemin de la paix et de la réconciliation en apportant leur soutien le plus fervent à l’initiative de paix marocaine résumée dans le principe de l’autonomie.

Ce principe trouve aujourd’hui dans les instances internationales les plus influentes et auprès des gouvernements et chefs d’Etats les plus divers un écho favorable et un soutien des plus francs. Est il utile de rappeler que même les Etats qui ont apporté autrefois leur soutien à ce groupuscule de séparatiste dit « Polisario » reconnaissent officiellement aujourd’hui la pertinence de l’idée proposée par SM le Roi Mohamed VI pour la résolution de ce long conflit imposé au Maroc depuis 30 ans .

C’est donc au nom des principes et valeurs que votre Université a toujours défendus que je m’autorise, Monsieur le Président, à vous demander de ne pas encourager le séparatisme, l’hostilité, le mensonge et la volonté de nuire qui constituent le fond de commerce de ce « Polisario » au détriment de la volonté marocaine de concilier, de réunir des familles séparées depuis des décennies, de mettre un terme au drame des enfants sahraouis victimes de séquestration et de déportation, de favoriser la paix, la sécurité et la prospérité dans toute la région du Maghreb.

Attachés que nous sommes à la liberté d’expression et aux vertus de l’échange et du dialogue, nous vous saurions gré, Monsieur le président, de nous autoriser à organiser dans votre Université une rencontre débat sur le thème des droits de l’homme dans le Sahara marocain et plus particulièrement sur la question des enfants sahraouis retenus dans des camps ou déportés à Cuba.

Nous sommes disposés à associer des enseignants et des chercheurs éminents de votre Université pour animer ce débat et veiller à sa bonne tenue.
Croyant en votre objectivité, votre attachement aux principes de liberté, de vérité et d’égalité que défend l’Université Paris X depuis des décennies, je ne peux m’attendre qu’à une réponse positive de votre part.

Veuillez recevoir Mr le Président en mon nom personnel et au nom de centaines d’associations et ONG sahraouies qui soutiennent cette requête, l’expression de notre très haute considération.