Droits de l'Homme : Les Américains découvrent à Laâyoune une réalité contraire aux allégations du Polisario

Condoleezza RiceAprès la visite effectuée par une délégation de «Human Rights Watch», c'est au tour de la responsable du département des droits de l'Homme au secrétariat d'Etat américain de faire le déplacement au Sahara.


Le chef du département des Droits de l'Homme au Secrétariat d'Etat américain a effectué, mardi et mercredi derniers, un voyage de deux jours à Laâyoune. Sabah Khoury, accompagnée d'un conseiller auprès de l'ambassade US à Rabat, Craig Karp, est arrivée dans la capitale des provinces sahariennes à la tête d'une forte délégation. Une semaine plus tôt, une autre délégation américaine avait fait le voyage à Laâyoune. Il s'agit de responsables de l'ONG «Human Rights Watch» (HRW), avec à leur tête Eric Goldstein, responsable du département MENA (Moyen-Orient - Afrique du Nord). Bien avant, le Ramadan dernier plus précisément, le conseiller de l'ambassade US à Rabat, Craig Karp, s'était livré, toujours à Laâyoune, à d'intenses entretiens avec des associations locales et des jeunes autoproclamés «séparatistes de l'intérieur». La visite de la responsable du département des Droits de l'Homme au Secrétariat d'Etat américain, la dernière en date, vient prouver un activisme américain notoire sur le dossier des droits de l'Homme dans les provinces sahariennes, soulevant des points d'interrogation sur le pourquoi de ces déplacements américains répétitifs. Les acteurs associatifs, conjugués à des membres du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (Corcas), sont nombreux à s'interroger sur ces déplacements. Pourquoi les responsables américains ont-ils multiplié les voyages à Laâyoune ces derniers jours ? Le déplacement fait, il y a une semaine, par une délégation de HRW, une ONG internationale réputée proche de l'administration américaine, semble avoir préparé le terrain au voyage de la responsable du département des Droits de l'Homme relevant du Secrétariat d'Etat américain. Le département de Condoleeza Rice mène une course contre la montre pour préparer et publier, avant la fin de l'année 2007, son nouveau rapport sur les droits de l'Homme à travers le monde. En dépêchant Sabah Khoury, après le déplacement de M. Goldstein, le Secrétariat d'Etat cherche, pour les besoins de son Rapport, à enquêter sur la situation réelle des droits de l'Homme dans les provinces sahariennes, après avoir été saisi par la machine de propagande polisarienne sur de prétendues violations de ces droits par les autorités marocaines. C'est l'objet de la visite effectuée en début de semaine par Sabah Khoury à Laâyoune, où elle a eu plusieurs entretiens avec des acteurs associatifs. «Le département d'Etat et les associations ont constaté de visu que les prétendues violations dénoncées par le Polisario ne sont que de pures spéculations», affirme un responsable local. Pourtant, des acteurs associatifs de la ville estiment que la responsable américaine aurait mieux fait de se déplacer à Tindouf où les violations des droits de l'Homme sont systématiques. Ces derniers ont exprimé à ALM leur crainte que leurs doléances ne soient pas prises en compte dans le rapport en préparation du Secrétariat d'Etat américain.
«Nous comprenons que l'administration américaine s'intéresse davantage au dossier du Sahara en vue de lui trouver une issue, d'autant plus que sa position sur l'offre marocaine d'autonomie est positive. Mais nous craignons que le département d'Etat américain néglige les horreurs qui sont perpétrées au jour le jour de l'autre côté de la frontière, au sud-ouest de l'Algérie», avertit Mohamed Talib, membre du Corcas. Ce dernier se demande pourquoi la délégation du département d'Etat américain a insisté pour visiter la prison civile de Laâyoune, «alors qu'il aurait été plus judicieux de faire le déplacement dans les camps de Tindouf pour enquêter sur des dossiers très graves comme la pratique de l'esclavage, la déportation des enfants séquestrés vers Cuba, les restrictions de la liberté de mouvement imposées à nos concitoyens».  «Les conclusions du rapport de HRW et du département d'Etat américain ne manquera pas de noter le climat de quiétude et de respect des droits de l'Homme qui règne dans les provinces sahariennes», conclut, confiant dans l'honnêteté et le professionnalisme des différentes délégations américaines, un élu local.